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Jean-Louis BLARD

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JL BLARD assis en bas à droite

Jean-Louis BLARD est né le 27 janvier 1934.

Il a été l’un des premiers Occidentaux à se déplacer en Chine – par bateau à l’époque - avec les frères FAUBERT et Charles LAVILLE-MERY pour apprendre l’énergétique chinoise. Diplômé des écoles chinoises de Taïpei et de Honk-Kong, ostéopathe D.O., masseur et kinésithérapeute diplômé d’état, il a enseigné sans relâche et avec passion la sagesse et la médecine chinoises traditionnelles.

Il a soigné toute sa vie avec cœur dans son cabinet d’Epernay et à Paris. Il a toujours relié son enseignement et son acte de thérapeute à une pratique énergétique personnelle régulière. Il a aussi formé ses élèves directs au Tai Chi Chuan comme méthode d’ancrage et d’enracinement "aux racines du Ciel". Très relié à la terre et plein de bon sens, il a su faire passer à de nombreuses personnes la tangibilité d’un lieu intérieur plein de calme, reflet de la Totalité dans laquelle nous baignons tous.

Il est décédé le 31 décembre 2003.

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Texte de Nathalie CARTIER-ANTHONY au décès de Jean-Louis :

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En inde

"Pour ceux qui ont connu Jean-Louis BLARD"

"Jean-Louis a été mon professeur d’énergétique chinoise pendant quatre ans à l’Institut d’Energétique Traditionnelle Chinoise" à Paris. C’était, avec Charles LAVILLE-MERY, le directeur de cette école. Avec lui, j’ai approché la merveille du Vivant.

Jean-Louis nous faisait passer cette richesse à travers les cours magistraux indispensables, mais aussi par le Tai Chi Chuan, les massages, l’intériorisation. Nous avons appris nos méridiens – qui sont beaucoup plus nombreux que douze ! – et nos "points" d’acupuncture (le sens de l’idéogramme est "cavernes où s’enroulent les souffles") par le toucher en palpation, mais aussi lors de séances de méditation pendant lesquelles il nous en lisait la description dans la langue poétique des classiques chinois SU WEN et LING SHU, tandis que nous en suivions le trajet et en sentions la réalité dans notre propre corps.

Nous étudions à la Cité Universitaire de Paris dans l’immense salle d’honneur qui avait un plafond à caissons de bois sculpté comportant soixante-quatre blasons comme les soixante-quatre hexagrammes du I King. Nous étions, en 1983, la troisième promotion de l’école. Cette année-là, ils avaient accepté de prendre cinquante inscriptions sur l’expérience d’un désistement habituel de la moitié des élèves à la fin de la première année. Mais les cinquante étaient des passionnés et sont restés jusqu’au bout de leurs études. Et l’enthousiasme a prévalu, côté professeurs comme côté élèves.

J’ai passé quatre années d’étude extraordinaires.

Jean-Louis était extrêmement généreux dans son enseignement. Il transmettait toute sa connaissance sans compter. Comme d’autres, j’ai eu la chance qu’il m’invite à approfondir la formation auprès de lui et de ses patients dans son cabinet à Epernay en Champagne pendant plusieurs années.

Voir Jean-Louis soigner était inoubliable.

Tout d’abord, la journée commençait tôt par une heure de pratique énergétique – le Yoga ces dernières années, m’a-t-il dit. Et c’est ainsi, relié à la Source, qu’il abordait ensuite le soin proprement dit. Son cabinet était organisé à la chinoise, avec plusieurs cabines séparées par de simples rideaux. Ses déplacements d’une cabine à l’autre faisaient partie d’un mouvement général harmonieux, comme ce Tai Chi qu’il faisait si bien. Pas de heurt, mais une grande liaison de l’un à l’autre. Il accordait beaucoup d’importance à la dimension parlée, à l’accueil humain, au fait que ce qui se disait pour l’un pouvait en profiter à l’autre par derrière le rideau. Mais il avait aussi cette approche et ce toucher terriens qui remettaient les gens en contact avec une sorte de bon sens du corps. Et c’était un as de l’énergétique. Avec des tas de tours dans sa besace, appris en France ou en Chine. Il adorait soigner, même en-dehors de son cabinet. Quarante ans de soins me disait-il, on ne se refait pas.

C’était aussi un homme qui savait parler de la sexualité masculine et féminique de façon simple et naturelle. Il a apaisé par cette parole nombre de patients ou d’élèves.

Mais pour moi, Jean-Louis a été encore plus que tout cela : il a été mon "passeur" vers la spiritualité. (…) Entendre Jean-Louis nous parler d’une part en nous qui était là, immobile, tranquille, non engagée dans les aléas de la vie, et avec laquelle il nous invitait à nous mettre en contact, entendre ces paroles dites avec l’assurance que donne l’expérience vécue d’un homme bien enraciné dans le réel était une ouverture et un baume extraordinaires.

(…) A l’automne 1990, j’avais amené à Epernay SHANTARAM VAYDIA, médecin ayurvédique et sage rencontré en Inde en février 1989 lors d’une voyage d’étude, patriarche de ce qui est devenu depuis notre "famille" indienne.

Shantaram et Jean-Louis, se sont immédiatement aimés l’un l’autre. Ils ont soigné ensemble toute le journée, échangeant leur façon de prendre les pouls, de comprendre un problème de tenter de le résoudre.

Puis c’est mon guide actuel en Yoga, Sri O.P. TIWARI, qu’il est venu rencontrer en 1996 en Cévennes où nous habitions alors, pour travailler avec lui une semaine.

Et enfin, en 1998, j’ai eu le bonheur de pouvoir emmener Jean-Louis en Inde avec un groupe d’élèves et d’amis. C’était pour moi acte d’offrande : rendre un peu de tout ce que j’avais reçu de lui. Jean-Louis a revu là-bas TIWARIJI et il a eu une rencontre personnelle importante avec VIJAYANANDA à Kankhal dans les Himalayas.

Pour tout cela, je me sens aujourd’hui orpheline d’un de mes "pères" sur le chemin, en même temps que riche de la plénitude de ce qui a été donné et profondément satisfaite que nous ayons vécu ensemble tout ce que nous avions à vivre.

D’une certaine manière, je peux dire que je suis issue de Jean-Louis, je fais partie de lui ou il fait partie de moi, c’est pareil. Nous sommes faits de la même fibre profonde.

Et nous sommes plusieurs que je connais, et sans doute de nombreux autres qui ont précédé ou suivi mon temps et que je ne connais pas, enseignants ou thérapeutes, qui sommes ses "enfants" dans le sens de la continuation d’une transmission, chacun à notre façon, avec nos personnalités distinctes et nos chemins propres, héritiers d’une dimension de témoignage de cette Réalité que Jean-Louis a touchée et qu’il a maintenant rejointe."

Nathalie CARTIER-ANTHONY janvier 2004

Denis ROSSI acupuncteur à Nice et Marie LAVERSIN acupunctrice à Cuernavaca (Mexique) ont témoigné à leur tour :

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Jean Louis Blard - Taiji

"C’est avec grand plaisir et émotion que j’ai reçu ton texte (…). Témoigner est toujours plein d’effets lumineux et apaisants. J’ai été très content de lire comme ma propre expérience mais éprouvée par quelqu’un d’autre, et un très beau chapitre… Content de retrouver son regard et son sourire qui nous accompagnent. Je peux témoigner qu’il a donné la paix sur la terre aux hommes de bonne volonté".

Denis ROSSI

"Je suis moi aussi très touchée du décès de Jean-Louis, (…) j’ai toujours senti la véracité de ce qu’il enseignait ou de ce qu’il faisait passer. J’ai les mêmes souvenirs que toi (le Taiji, la méditation, la visualisation pour nous enseigner les points et les méridiens, sa façon d’accueillir les patients, de soigner, de donner les cours, etc, etc…) Pour moi aussi il fait partie de ceux qui m’ont ouvert les yeux, qui m’ont tracé le chemin. Après ton coup de fil, je suis partie travailler et, en mettant les aiguilles aux patients, j’étais imprégnée des consignes et des conseils qu’il nous donnait, et l’odeur du moxa me transportait à Epernay… J’étais et je suis remplie de remerciement et de reconnaissance envers lui. Il est et sera longtemps très présent en nous."

Marie LAVERSIN.

Voir le texte complet de Nathalie ainsi que d’autres témoignages sur le site www.chenmen.fr/hommages